
LE NOM DE LA ROSE
V9.5
05:092026-09-22
27
Deep gravelly male vocals, low register baritone voice, raw emotional delivery, intense feeling, slow acoustic blues folk waltz, groovy double bass, smoky atmosphere, storytelling vibe
[Verse 1]
Monsieur Breun avait été enseignant,
Professeur de français et de latin.
Il apprenait le Verbe à ses gamins,
Avec moult passion et moult dévouement.
L'autorité dissimulait l'humain,
Seul comptait pour lui : montrer le chemin.
Et durant toutes ces années terrain,
Cet objectif resta son seul dessein.
[Chorus]
[Guitar and accordion playing together, emotional]
Y a plus rien dans ma tête,
Que des ombres fumée,
Et des mots insensés.
Y a plus rien dans ma tête,
Y a plus rien...
[Verse 2]
Je sais peu sur ce que fut son enfance,
Sinon qu'elle fut rurale et studieuse,
À l'écart de la guerre ; pas malheureuse.
Il aimait Fournier, Anatole France,
Le cinéma ; surtout l'ouvreuse,
Le tennis, les après-midi flâneuses,
Le jazz, ses improvisations frondeuses.
Chez les filles, lui plaisaient les bosseuses.
[Chorus]
Y a plus rien dans ma tête,
Que des ombres fumée,
Et des mots insensés.
Y a plus rien dans ma tête,
Y a plus rien...
[Verse 3]
Lorsqu'il fut reçu à l'agrégation,
Il chercha où dispenser son savoir.
Il opta pour le Pays de la Loire.
Nantes durant trente ans fut son bastion.
Georges Clémenceau fut son territoire,
Lycée de sa tâche, de son devoir.
Il y rencontra l'amour : prof d'histoire.
Naquit Patricia, sa fille, son phare.
[Chorus]
Y a plus rien dans ma tête,
Que des ombres fumée,
Et des mots insensés.
Y a plus rien dans ma tête,
Y a plus rien...
[Verse 4]
C'est là que je les ai tous deux connus,
Dans cet Épad où j'étais infirmier.
Il était mon patient et je l'aidais
À tâcher d'être ce qu'il n'était plus.
Patricia voulait y croire, y croyait.
Plus elle y croyait, plus lui s'enfonçait,
Plus l'Alzaïmer chaque jour l'éloignait
Du réel pur et de sa dignité.
[Chorus]
Y a plus rien dans ma tête,
Que des ombres fumée,
Et des mots insensés.
Y a plus rien dans ma tête,
Y a plus rien...
[Outro]
[Acoustic guitar slowing down, voice fading out]
Puis l'absence, un de ces jours sibyllins,
A ennuité le pauvre monsieur Breun .
Il a rejoint ce Grand Rien d'où l'on vient,
Rejoint le Rien sans n'en savoir rien...
[End]
